On en parle beaucoup
Avec l’obligation légale faite aux entreprises de prévenir les risques psychosociaux, faisant ainsi planer un risque pénal sur le chef d’entreprise, fleurissent colloques, séminaires et congrès,
cabinets de conseil et instituts pour lesquels la « souffrance au travail » est devenue un « nouveau business ». Ce sujet est extrêmement complexe et doit être abordé
avec de vrais professionnels diplômés ayant une compétence, une expérience et une éthique dans les domaines de la santé et de l’entreprise.
Mais de quoi parle-t-on ?
Les risques
Le risque est la prise en compte d'une exposition à un danger, un préjudice ou autre événement dommageable, inhérent à une situation ou une activité. Le risque est défini par la
probabilité de survenue de cet événement et par l'ampleur de ses conséquences (aléas et enjeu). Il peut être appliqué à une personne, une population, des biens, l'environnement ou le milieu
naturel. En 1921, l'économiste américain Frank Knight a proposé une distinction qui fait référence entre le risque et l’incertitude : à un risque peuvent être assignées des
probabilités mathématiques ,mais pas à une incertitude.
Psychosociaux
C’est l’alliance de l’interaction entre « le psychologique » qui touche la santé mentale de chaque individu et sa vie personnelle et « le social » qui touche son environnement
complexe, en particulier au travail et donc le collectif dans une entreprise.
Le principal risque psychosocial est le stress chronique. Les autres risques sont : les violences externes (conflits, agressions …en particulier pour les métiers qui ont à faire face au
public) les violences internes (de type harcèlement moral) et la souffrance au travail.
Le stress est bon pour la santé, c’est un moyen de défense de notre organisme, mais le « sur-stress » ou stress chronique a des conséquences désastreuses. La définition du stress
au travail est aujourd’hui bien codifiée[1] «Un état de stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la
perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et ses propres ressources pour y faire face»
Le stress est un tueur silencieux dans l’entreprise, un peu comme les termites, on ne le voit pas et puis un jour des pans de mur de la maison s’écroulent. Souvent même deux extrêmes
s’affrontent dans l’entreprise: le déni de la part de ceux qui ne veulent voir, ou pensent que cela ne touche que les « sujets fragiles », et l’excès de la part de ceux qui ne
font reposer les causes du stress que sur le manque de moyens, l’excès de procédures ou les objectifs trop élevés. La vérité, si tant est qu’elle existe, est entre les deux. L’important est que,
sur ce sujet plus encore, il faut dialoguer et en parler.
La première étape est d’accepter d’en parler
Les entreprises qui réussissent sont celles qui dialoguent et qui acceptent de voir en face les problèmes pour les résoudre. Il doit exister un langage commun au sein de l’entreprise autour de la
problématique du stress. C’est l’étape préalable, indispensable, qui permet à tous - direction, partenaires sociaux, médecine du travail - d’engager un dialogue constructif. La prise de
conscience des risques est importante à tous les niveaux. Afin de relever les défis de la mutation, les managers doivent soigner leurs équipes et eux-mêmes. Bien traités, les cadres seront
« bien-traitants ».
Certaines entreprises parlent même aujourd’hui de « performance globale », non seulement de la performance économique mais aussi de la performance environnementale et sociale. 10
entreprises du CAC 40 ont décidé en 2010 d’intégrer la performance sociale dans la rémunération variable de certains collaborateurs, elle n’étaient que deux en 2009 [2]. C’est un bon début.
La deuxième étape est de Mesurer
Nous en avons déjà parlé, car la mesure induit les comportements. Dans le rapport remis au Premier Ministre en février 2010[3], Henri Lachmann, PDG de Schneider écrit que « Mesurer les conditions de
santé et sécurité au travail est une condition du développement du bien-être en entreprise. »
On pourrait même dire qu’en entreprise, tant que l’on ne les mesure pas, les « choses » n’existent pas. Mais tout se mesure-t-il ? Bien sûr que non ! Toutes les relations
informelles, la convivialité entre collègues, les rumeurs positives, les idées qui circulent, font aussi la richesse de l’entreprise, alors qu’elles ne sont pas mesurées, injustement comme le
dirait Joseph Stiglitz.
En revanche, lorsque l’on souhaite faire de la prévention efficace, c'est-à-dire modifier certains comportements à risque, il faut mesurer. Il n’y a pas de diagnostic sans mesure. Au XXème
siècle, à l’époque où le travail était plus physique, la médecine du travail a mis 40 ans à organiser une prévention de la santé physique des salariés, par la mesure des accidents et des arrêts
de travail. C’est de cette mesure et de son analyse que sont nées les grands principes de la protection : les gants, casques, lunettes, chaussures de sécurité, les bouchons dans les
oreilles, la mise en condition physique, entre autres.
Aujourd’hui le travail est moins physique, il est plus psychologique et c’est la santé mentale que l’on doit préserver.
Mettre en place un baromètre du « Mieux vivre en entreprise», MétéoStress
Il est important et rassurant pour les chefs d’entreprise de savoir qu’il existe des outils scientifiques validés qui peuvent aider à faire un vrai diagnostic, partagé par tous, des risques
psychosociaux. Il est alors plus simple et plus efficace de mettre en place des plans d’actions adaptés aux risques précisément identifiés, et non des recettes généralistes mal ciblées.
Pour cela nous avons conçu MétéoStress, une méthode en 5 étapes, accompagnée d’un outil Internet sécurisé, qui permet de faire un audit, mais aussi un suivi dynamique de la santé physique et
mentale des salariés.
MétéoStress procure des conseils et des alertes pour les salariés et des indicateurs permettant de piloter le risque pour les dirigeants, les services de santé au travail et tous les préventeurs
en charge de la santé, de l’hygiène et de la sécurité dans les entreprises. MétéoStress permet de mettre en place un véritable baromètre du « mieux vivre en entreprise », qui donne une
vision du niveau de stress, des principales causes et conséquences de ce stress sur la santé des salariés, sans oublier de les questionner sur le sens de leur travail et sur leur motivation.
Concrètement, l’entreprise obtient de façon totalement anonyme une cartographie des facteurs de risque qui constitue un véritable diagnostic de l’état de santé des salariés dans l’entreprise. Le
réel partage de ce diagnostic par tous les acteurs (CHSCT, DG, DRH, SST, préventeurs…) permet ensuite de mettre en place des plans d’actions individuels et collectifs vraiment efficaces.
Car, s’il était besoin de le rappeler, la santé des salariés fait la performance des entreprises.
Dr Florence BENICHOUX
Co-fondatrice de BETTER HUMAN Cie
Société éditrice de www.meteostress.com
Septembre 2010
[1] Selon l’Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au Travail
reprise dans l’Accord National Interprofessionnel de 2008
[2] L’Expansion N°755 sept 2010 ; p 120 -122
[3] Rapport sur le bien-être et l’efficacité au travail. Lachmann Henri
(Schneider Electric), Pénicaud Muriel (Danone) et Larose Christian (CGT, Vice-président du Conseil Economique et Social)